Ce soir-là, il neigeait, t'en souviens-tu ? Non, moi oui. Comme de tous les jours qui l'avait précédé. De te voir rentrer saoul. De t'entendre crier dans la maison. Je redoutais tant le moment que tu allais rentrer. Je voulais tant mourir à ce moment-là car je savais ce qui m'attendais. Depuis l'âge de huit ans, je vivais la pire des vies. Tu rentrais saoul, montais dans ma chambre, commençais à me tripoter et tu abusais de moi. Je voulais te tuer, t'en empêcher mais je n'avais pas la force. J'étais détruite. Comment mon propre père pouvait-il me faire ça ?
Ce soir là ne se passa pas comme tous les autres. Je t'entendis monter. Je faisais semblant de dormir. Mais toi tu t'en foutais. Tu me réveillas et commenças à jouer avec moi. Je voulais tant te frapper mais mon esprit et mes bras étaient morts. Tu recommenças comme d'habitude. Cette fois-là, maman m'entendit crier. Mais elle n'intervint pas. Je te haïssais de me faire haïr ma mère pour ne pas être venue t'en empêcher. Je voulais tant mourir à chaque moment. Maman savait que tu montais tous les soirs dans ma chambre, mais elle ne t'en empêchait pas. Elle devait sûrement te voir de dos monter les escaliers et allait faire ce qu'elle savait tant faire : la vaisselle. Et moi je ne pouvais rien faire pour t'en empêcher.
Un matin je me suis réveillée pour aller en cours, et je t'ai vu allongé. Tu étais en train de dormir sur le canapé. Je me suis précipitée à la cuisine et j'ai pris un couteau. Je ne savais plus trop bien ce que je faisais. J'ai posé mon sac dans l'entrée tout doucement sans faire de bruit pour ne pas te réveiller. Je suis arrivée près de toi. Et j'ai levé la main où je serrais le couteau. Mais maman arriva et m'en empêcha. Elle m'empêcha de tuer l'homme qui abusait de moi mais pas toi d'abuser de moi. Je la déteste encore plus aujourd'hui. Tu te réveillas sans savoir ce qu'il s'était passé.
Pendant que j'allais en cours, je pensais au mal que tu me faisais chaque jour, à ce que maman venait de faire. A ce que je vous ferais à vous deux. J'étais à l'écart de tous les autres, je n'avais aucun ami, mes notes chutaient, je séchais quasiment tous mes cours. Vous me gâchiez ma vie. Un soir, je suis rentrée, j'ai trouvé un mot avec écrit : « Nous sommes sortis quand nous reviendrons tout aura changer ... » Oui quelque chose aura changé, je suis montée là-haut, dans la salle de bain. J'ai pris une lame de rasoir et je me suis entaillé les veines. Je regardais mon sang couler sur le sol. Je me sentis étourdie et glisser lentement contre le mur jusqu'à atteindre le sol. J'espérais tant que vous rentriez avant que je quitte mon corps. Vous êtes rentrés trop tard, je n'ai pas pu vous dire à quel point je vous haïssais tous les deu